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Les Cahiers pédagogiques : "Il y avait pourtant de vrais débats à Dijon !"

Jean-Michel Zakhartchouk, rédacteur aux Cahiers pédagogiques et intervenant à Dijon, livre son témoignage des 1ères rencontres du Rassemblement.

Le 14 novembre, dans le vaste Palais des congrès de Dijon, un millier de personnes ont assisté à un grand rassemblement autour du thème de l’éducation du groupe de réflexion « L’espoir à gauche » animé en particulier par Vincent Peillon, auteur récemment d’un ouvrage Peut-on améliorer l’école sans dépenser plus ? (Magnard) où il débat avec Xavier Darcos.
 

On le sait : malheureusement, ce que les médias ont retenu, ce sont les polémiques autour de la venue d’une ancienne candidate à la présidence de la République, lesquelles ont occulté les débats et interventions qui ont eu lieu pendant cette journée. Alors même que nous sommes nombreux à attendre de la Gauche une réflexion de fond sur l’école. Le CRAP le souhaite depuis longtemps et c’est bien pour cela que nous avons répondu très positivement à l’invitation qui nous avait été faite d’y participer, de par la présence de Jean-Michel Zakhartchouk comme intervenant à la première table ronde « Comment s’adapter à l’hétérogénéité des élèves ? »
Il est sans doute dommage que la présence d’autant d’intervenants (huit pour moins de deux heures) ait interdit des échanges plus longs, notamment entre les participants de la tribune et ont du coup laissé peu de place pour la nuance, laquelle a besoin de temps pour se déployer. Cependant, le message que nous avons pu « envoyer » en quelque sorte semble avoir été bien perçu, d’après diverses réactions des participants. Nous reprenons ci-dessous cette intervention, avec quelques compléments sur ce qui n’a pu être dit, faute de temps.

Nous avons pu au passage constater des convergences fortes avec ce qu’ont pu dire Thierry Cadart et Patrick Gonthier, respectivement responsables du SGEN et de l’UNSA, mais aussi le directeur du CRDP du Centre, Dominique Raulin, le professeur de l’École centrale, Olivier Lecomte et de la députée Aurélie Filipetti. Et des divergences bien sûr avec le point de vue du SNALC sur le collège dit « unique » (cependant avec une possibilité intéressante d’exposer nos points de vue respectifs sans invectives et anathèmes), mais aussi avec la FSU représentée par son secrétaire général sur le « socle commun ». Resterait à savoir ce sur quoi nous sommes vraiment en désaccord au-delà des querelles sémantiques, quelle différence existe effectivement entre le socle et la culture commune prônée par Gérard Aschieri. Des débats qu’il faut avoir, au moins pour se mettre d’accord sur les points de désaccord...

Quant à l’interpellation de Jean-Paul Brighelli, depuis la salle (finalement écarté de cette table ronde, malgré sa demande antérieure aux organisateurs), elle sentait le passéisme et l’élitisme puisqu’il y était question de « paliers-barrages » à plusieurs moments du parcours scolaires (ah, l’examen d’entrée en sixième !), d’affirmation sans preuves que les « vieilles méthodes » marchent, et de mépris des façons de faire et de s’exprimer des élèves issus des classes populaires (au lieu de les prendre en compte, pour justement les aider à les dépasser et à aller beaucoup plus loin). Sur son blog d’ailleurs, Brighelli nous reproche au fond de vouloir davantage de mixité sociale.

D’autres débats ont eu lieu : sur la violence à l’école, la petite enfance, la formation des enseignants et le nouveau métier, à l’heure de la catastrophique réforme dite « mastérisation » (condamnée par la plupart des participants).
On trouve de larges échos sur le site Le Rassemblement .

 

Retrouvez l'article en ligne sur : http://www.cahiers-pedagogiques.com/spip.php?article6515